Ce dimanche, après les fêtes pascales, Pentecôte et les deux fêtes qui ont suivi, nous reprenons le temps ordinaire, que nous suivrons jusqu’en novembre. Nous allons suivre Jésus pas à pas ; mais à la lumière de la Résurrection. Aujourd’hui,  c’est à l’occasion d’un accrochage avec sa famille, que Jésus dévoile son grand projet et la place de chaque être humain dans le Dessein de Dieu.

                                   Dans notre système de pensée, comme à l’époque de Jésus, la famille est composée par des personnes unies par le lien du sang. Si on élargit ce cercle, on ne  parle plus de famille ; mais de tribu !

            La famille de sang de Jésus agit comme le fait toute famille, qui tient à ses membres. Même si Jésus leur paraît un peu excentrique par rapport au reste de la parenté, il compte pour eux. Mais cette fois, c’en est trop ! Pressé par la foule, note l’Evangile, « il n’était pas possible de manger » pour Jésus. Cette tribu, cette foule, qui le presse où qu’il aille, est en train de le manger. Et malgré cela, il continue : « Il a perdu la tête » !

            Voilà pour Jésus l’occasion de dévoiler ce qui est en train de se réaliser. Au début de l’Evangile Jésus avait expliqué à ses disciples que « le serviteur n’est pas plus grand que son Maître ». Puis, quelques temps après, Jésus leur avait dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs ; mais amis ». Enfin, aujourd’hui, Jésus dit : « parcourant du regard ceux qui sont en cercle autour de Lui : Celui qui fait la Volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère… » Le cercle de famille s’élargit brusquement ! Ils sont assis autour de Lui, en cercle. Ils forment une assemblée, une Eglise, comme nous à cette heure… Mais Il met une condition : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que Moi n’est pas digne de Moi »… Dans le Royaume de Dieu, les liens familiaux ancestraux ne sont pas absolus.

            Il y a, en Jésus, une telle passion de servir, de guérir, de nourrir, de faire vivre, que « le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ». Jésus ne peut pas ne pas se donner à tout instant entièrement. C’est l’Esprit de Dieu qui le guide et le soutient. Ceux qui le suivent jusque-là, Jésus les considère comme « ses frères, ses sœurs ». Quand on aime vraiment on agit avec un peu de folie aux yeux du monde. Aimer et servir jusque-là, c’est marcher avec le Christ. C’est l’Esprit Saint qui nous fait discerner la Volonté de Dieu et par qui, chaque homme, devient un familier du Christ.

                                   Aujourd’hui, nous allons communier pour devenir frères et sœurs de sang du Christ. Mais, comment nous situons-nous face au Christ ? Sommes-nous de bons serviteurs fidèles ? Ou bien sommes-nous ses amis ? Ou plus, sommes-nous ses sœurs et ses frères, frères des hommes de l’univers sans distinction de race, de religion, de culture ? Ne répondons pas trop vite ! Comme dit la chanson : « Trois pas en avant, deux pas en arrière »… Il ne nous faudra pas moins de toute notre vie pour accéder à la plénitude du Christ et pouvoir dire comme saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi »…