Nuit de Noël 2018

                                   On a coutume de dire que trop d’actualité tue l’actualité ! Des étrangers arrivent par vagues, quand la traversée du désert et la Méditerranée ne les avalent pas… Le terrorisme et les guerres arrachent la vie à des femmes et des hommes de tout âge… Partout la violence endeuille la terre… Et c’est dans cette nuit du monde, qu’aujourd’hui retentit un chant : « Gloire à Dieu et paix aux hommes que Dieu aime » ! Une œuvre divine débute en cette nuit de Noël.

            Nous célébrons l’anniversaire de la naissance de Jésus, fils de Dieu. Dieu avec nous, Dieu l’un de nous. Nous ne sommes pas dans un conte pour enfants, c’est un événement historique : sous le règne de l’empereur Auguste, quand Quirinius était gouverneur de Syrie, dans la ville de Bethléem…

                                   Cet événement devrait nous toucher beaucoup plus qu’à l’époque de Jésus. Si cela devait se reproduire aujourd’hui, où donc Dieu pourrait-il s’incarner pour se faire l’un de nous et nous apporter la paix ? Certainement pas en Israël, encore moins à Bethléem, avec tous les Cheek Points, qui filtrent les étrangers ! Encore moins en Amérique, qui construit des murs pour arrêter les migrants ! Pas non plus chez nous en France, où l’on punit les bergers, qui partagent ce qu’ils ont avec ces étrangers en péril ! Où alors ? Car c’est vrai, en la nuit de Noël, Dieu s’est fait « migrant ». Il a quitté son ciel éternel pour entrer dans notre temps. Il s’est fait l’un de nous, tout en restant le tout autre, pour renouveler en chacun l’image de Dieu par laquelle tout homme a été conçu. Pilate, sans le savoir, le prophétisait quant à la passion, il présentait Jésus à la foule en disant : « voici l’homme »!

                                   L’extraordinaire de Noël, n’est pas dans la crèche, dont depuis Saint-François, nous ornons nos églises et nos maisons. L’extraordinaire est en chacun de nous. Reprenons l’Évangile. Luc note qu’il n’y avait pas de place pour Joseph et Marie enceinte à l’hôtellerie… C’est normal ! La pièce commune où l’on boit, mange, chante ou somnole, n’est pas approprié pour l’intimité d’un accouchement… Dans les Évangiles, deux fois on parle d’auberge : ici à Bethléem et sur la route, qui descend de Jérusalem à Jéricho. Les Pères de l’église note que l’auberge, c’est l’église :1) l’église qui indique le chemin vers la crèche !2) l’église, « hôpital de campagne », comme dit le pape François, qui t’accueillera pour te restaurer et de soigner… Mais les Évangiles notent que Dieu n’est pas dans l’auberge ! Le Seigneur a créé l’église, pour que sur ton chemin, tu puisses t’y arrêter pour te nourrir de la parole et de l’eucharistie et t’y faire soigner par les sacrements des malades et du pardon… Mais Dieu n’est pas dans l’auberge ! Le concile Vatican deux, nous a demandé d’effacer le concept en vigueur depuis des décennies, qui disait : « hors de l’église, pas de salut » ! C’est ce que disait aussi le pape François un jour de Toussaint : « nombreux aussi sont les saints qui ne font pas partie de nos églises » …

            L’extraordinaire de Noël est en chacun de nous ! À Noël, c’est Dieu qui fait un acte de foi, de foi en l’homme. Dieu veut naître en toi. Tu peux être la crèche, l’espace qu’il veut habiter. Maurice Zendel disait : « Il s’agit de Dieu, qui nous conduit à la racine de notre être, pour en faire un pur élan d’amour. » Quoi que tu penses de ta vie, Dieu vient y prendre corps…

Seigneur Jésus, tu ne nais plus dans une étable ; mais dans toutes les maisons, dans tous les cœurs. Tu veux des millions de cœurs, pour donner la paix sur la terre.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime