Dimanche 13 août 2017 ; 19° ordinaire A : Matthieu 14,22-33.

                                               Avec ce passage d’Evangile, nous sommes après la multiplication des pains. Les disciples ont tout juste eu le temps de ramasser les douze corbeilles de ce qui restait. Et Jésus les « oblige » à quitter les lieux. 

Pourquoi cet empressement ? Pourquoi cette fuite ? En lisant l’Evangile, on a souvent l’impression que Jésus est pressé. Oui et il le dira plusieurs fois : il y a urgence pour la Mission… Mais il y a aussi une deuxième raison, qui nous ramène à l’épisode de la Tentation au désert (Mt. 4,1-11). Le tentateur lui avait suggéré de changer les pierres en pain  pour lui-même et il avait refusé. Ici, Jésus vient de multiplier les pains pour  le bien-être de la foule et se profile la deuxième tentation : « Jette-toi du haut du Temple », ce sera un grand coup de pub ! Jésus oblige ses disciples à monter dans la barque et à changer de rive. Il ne veut pas qu’ils cèdent au spectaculaire…

                Avec Jésus, les disciples devaient se sentir invulnérables ! Et puis, vous vous rendez compte, ce sont eux qui ont été choisis par cet homme extraordinaire ! Leurs chevilles commencent à gonfler ! Alors, Jésus les oblige à monter dans la barque. Il faut quitter ce lieu où la grâce a opéré. Jésus veut les emmener sur une  autre rive. Avec Jésus, on ne fait pas du « sur-place », on ne s’installe pas ! Voilà une  grande tentation qui nous guette tout au long de notre vie. Certaines personnes aînées me disent : « Je regrette la messe d’autre fois. On n’y comprenait rien ; mais on baignait dans le Sacré ». Des jeunes me disent, eux, leur émotion avec la mutation de notre curé. Eh oui, c’est chacun de nous, que Dieu, aujourd’hui, « oblige à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive »… La grâce d’hier s’efface, accueillons la Grâce d’aujourd’hui…

                                               Mais la peur fait que les apôtres poussent des cris. La peur n’est pas raisonnable ! Mais elle vient souvent quand  on est surpris. La peur nous enlève notre liberté d’adaptation à la nouvelle réalité… Regardez Pierre ! La peur fait qu’il commence à s’enfoncer ! Il est sur le point de « caler », alors il crie vers le Seigneur : « Seigneur sauve-moi ! » Sa Foi vivante se fait prière au milieu des angoisses… Pierre ne doute pas. Il y a longtemps qu’il a reconnu la puissance de Dieu en Jésus. Alors, il s’abandonne en prenant le risque de la Foi.

                                               « Vraiment tu es le Fils de Dieu ». C’est aussi ce que nous allons dire tout à l’heure, avec le Crédo.

 « Vraiment tu es le Fils de Dieu ». Tu es là à nos côtés. Tu es là à mes côtés ! Tu es là même avant que je t’ai appelé. Donne-moi de ne pas attendre de sentir ta main sur moi, pour te faire confiance…

« Je crois, Seigneur ; mais augmente ma Foi » (Lc. 17,5).


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