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Homélie J. Canin journée de la Mission

Journée mondiale de la mission le 19 10 2014

 En cette journée mondiale de la Mission nous venons d’entendre trois lectures qui à première vue n’auraient rien à voir avec cet appel qui nous est adressé de réveiller en nous le sens missionnaire, de réveiller en nous ce désir que l’Evangile soit proclamé et davantage vécu dans notre monde.

Il me semble pourtant après avoir médité ces trois lectures que nous pouvons en retirer quelques enseignements :

·        La première lecture : Ce passage de la deuxième partie d‘Isaïe au chapitre 45. Il évoque un moment important dans l’histoire du peuple de l’alliance, une prise de conscience capitale : Dieu est à l’œuvre dans l’histoire et son œuvre de libération se réalise aussi par des hommes qui ne sont pas forcément croyants et membres du peuple de l’alliance. De quoi s’agit-il en effet ? Dieu au temps de la déportation  en 538 avt JC se sert du  roi païen le perse Cyrus pour réaliser la promesse de libération et le retour du peuple en Palestine. Le prophète a des paroles fortes : ce roi Cyrus païen a été « consacré », « pris par la main » pour » ouvrir les portes à deux battants » pour cette œuvre de libération car notre Dieu est le Dieu de toute la terre, de l’orient à l’occident. Cette prise de conscience d’un Dieu à l’œuvre au cœur des hommes pour une libération humaine et spirituelle est-elle aussi à la nôtre ? Etre missionnaire ce n’est pas seulement apporter l’Evangile mais aussi reconnaître qu’il est à l’œuvre dans la vie et les engagements de bien de nos contemporains ; c’est discerner l’action de l’Esprit dans leurs engagements au service d’une libération humaine, sociale et spirituelle. L’Eglise n’est pas propriétaire de l’Esprit Saint qui agit dans le cœur des hommes. Apprenons à être modestes.

·        La deuxième lecture : Saint Paul écrit aux chrétiens de Thessalonique en Grèce. Il leur fait des compliments sur la qualité et la fécondité  de leur vie chrétienne. Il leur rappelle qu’ils ont été choisis par Dieu notre Père et que l’annonce de l’Evangile n’était pas que simple parole, des mots, mais puissance en eux par l’action de l’Esprit. Il les félicite parce que leur foi est ACTIVE, parce que leur charité, l’amour qu’ils ont pour les autres SE DONNE DE LA PEINE, et parce que enfin leur espérance TIENT BON.

Faut-il le dire et le redire être missionnaire ce n’est pas faire du prosélytisme, baratiner les gens, leur faire la morale, les endoctriner… C’est donner le témoignage humble d’une foi active c’est-à-dire cohérente, donner le témoignage que vraiment on se donne de la peine pour vivre le commandement de l’amour et d’une manière très concrète, donner le témoignage d’une espérance à toute épreuve, malgré les échecs, les épreuves de la vie.

·        Enfin l’Evangile, le texte bien connu dont parfois on abuse pour lui faire dire ce que Jésus n’a pas voulu dire : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Nous savons bien que par cette phrase Jésus a voulu clouer le bec  à ceux qui voulaient le piéger. Mais au-delà Jésus ne nous invite-t-il pas à tenir les deux bouts de la chaîne : être à la fois croyants convaincus, attachés de toute leur âme à ce Dieu d’amour manifesté en Jésus  et à la fois être pleinement citoyens, fidèles à leurs  devoirs et engagements citoyens. Ce double témoignage est essentiel pour notre crédibilité pour une véritable évangélisation et je crois que là-dessus il y a beaucoup à dire, à s’interroger dans le cadre actuel et une société qui perd dramatiquement le sens d’une véritable citoyenneté.

Notre responsabilité de citoyens c’est de vivre au cœur de la cité les valeurs de l’Evangile, un véritable humanisme qui nous amène à œuvrer dans la vie sociale, économique et politique et y vivre les valeurs qui sont les nôtres et qui rejoignent celles de nombreux non-croyants : le sens et la dignité de l’homme, le refus du primat de l’argent, le combat pour la justice, la solidarité, la défense de l’étranger, le sens du bien commun…

Je termine : en cette journée et fête de la Mission par ces paroles du Pape François dans on exhortation :La Joie de l’Evangile : « Aujourd’hui… nous sommes tous appelés à cette nouvelle sortie missionnaire. Tout chrétien et toute communauté discerneront quel est le chemin que le Seigneur propose, mais nous sommes tous appelés à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile ».


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