Dimanche 3 juillet 2016  -14° du temps ordinaire C

Luc 10, 1-12 17-20.

                                   Ça y est, pour certains débutent les vacances d’été. Que l’on fasse des kilomètres ou que l’on reste sur place, on part vers un ailleurs : fini le travail, plus de temps pour la famille ou les gens rencontrés. 

Et c’est dans ce contexte que la liturgie nous donne cet évangile. Que l’on reste sur place ou que l’on voyage, il nous faut partir vers un ailleurs. 

Ne succombons pas à la tentation de n’entendre que l’invitation à prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers, comme si cela concernait uniquement les autres ! Alors que bien souvent, durant cette année scolaire, nous avons pu avoir le sentiment d’être noyés dans une indifférence générale, par rapport au fait religieux, c’est précisément là que Jésus nous envoie… Et avec cet Evangile, Il nous donne un carnet de route…

            « Il les envoie deux par deux » ! Deux, c’est le commencement d’une équipe, une église, comme les deux compagnons d’Emmaüs, comme Paul et Barnabé. « Là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, avait dit Jésus. C’est important de ne pas être seul : on peut aller plus loin, avancer, grandir, discerner les intentions qui nous viennent de l’Esprit.

            « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups », dit Jésus. C’est vrai que parfois l’homme est un loup pour l’homme, surtout quand l’homme gouverne le monde avec la finance ! C’est vrai aussi que tout au long des siècles, des chrétiens ont été associés très étroitement à la Passion de Jésus. Et aujourd’hui encore, dans plusieurs pays à majorité musulmane, de nombreux chrétiens sont persécutés et certains d’entre eux arrivent en réfugiés aux portes de l’Europe. Jésus mesure tout ce qu’il dit aujourd’hui, car il sait ce qui l’attend. Il va connaître le Golgotha, l’ingratitude des foules qu’il a nourries… « Comme des agneaux ». Cela veut dire comme l’Agneau Pascal. Jésus nous envoie pour être ses véritables imitateurs. Etre le plus possible pacifiques, indulgents, généreux, serviables, serviteurs de tous. Alors, nous serons reconnus comme chrétiens, quand les autres pourrons discerner en nous une Présence…

            Et le Seigneur nous envoie dans toutes les villes où il voudrait aller ! Voilà le fondement de notre Espérance de chrétiens. Nous sommes précédés en tous lieux où nous portons l’amour, la justice, la solidarité. Avec beaucoup d’humilité, acceptons, comme dira saint Paul : que c’est Jésus qui agit en nous.

            Les disciples passeront dans les maisons et non dans les lieux sacrés, mais là où vivent les hommes. En effet, Dieu veut rejoindre chacun chez lui. Et cette mission nous est confiée par notre Baptême et la Confirmation. « Dites d’abord Paix à cette maison » ! Ce qui est important ce ne sont pas les signes ; mais « réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les Cieux » La vraie source de joie et de tout apostolat, c’est l’intimité qui nous est offerte avec Dieu.

            Benoit XVI (encyclique Dieu est Amour) disait : « Le chrétien sait que l’Amour dans sa pureté et sa gratuité est le meilleur témoignage du Dieu auquel nous croyons et qui nous donne la force d’aimer… Le chrétien sait quand il est juste de se taire et de ne laisser parler que l’Amour » … Pour vivre cela, dit Jésus, nous n’avons besoin ni d’argent ni de sac. Pas besoin d’être orateur confirmé, d’avoir une licence de théologie.

            Alors, prions avec saint François : « Seigneur faites de moi un instrument de votre Paix. Là où il y a la haine, que je mette l’Amour. Là où il y a l’offense, que je mette le Pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’Union… Là où il y a le désespoir, que je mette l’Espérance… Là où il y a la tristesse, que je mette la joie… » Voilà tout le programme à vivre en cette période d’été. Prions les uns pour les autres…

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