Aujourd’hui, Jésus est obligé de quitter Nazareth, s’étonnant de leur manque de Foi. Le Fils de Dieu est-il mis en échec ?

 Comme au temps de Jésus, nous vivons dans une société où l’échec est mal vu. Beaucoup de « burn out » actuels ont leur racine dans la course à la performance.

L’échec n’est pas permis ! En Amérique, le candidat à la présidentielle qui a échoué retourne dans l’anonymat… Ce qui n’est pas le cas en France où le perdant en deuxième ou même en troisième position, se félicite de son « record » et se représentera à nouveau dans cinq ans ! Alors, peut-être sommes-nous mieux à même de comprendre cette page d’Evangile !...

            « Là, Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle, Il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains », note saint Marc. Pour l’évangéliste, quand il n’y a pas de Foi, il peut y avoir une guérison ; mais il n’y a pas de miracle !

« Jésus s’étonna de leur manque de Foi » et dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pas, sa famille et sa propre maison »… « D’où cela lui vient-il ? » ; disent ceux qui l’avaient connu dans son enfance ! L’habitude rend aveugle et comme disait Péguy : il y a des chrétiens habitués « qui ne mouillent plus à la Grâce ». C’est le mystère de Dieu, qui se révèle dans la personne de Jésus. Comme dit le Crédo de Nicée : Jésus, « de même nature que le Père… est Dieu, né de Dieu… né du Père avant tous les siècles… pour nous il descendit du Ciel et s’est fait homme… » Jésus n’est pas un prête-nom que Dieu se serait donné, pour se manifester aux hommes ! Avec lui, on va de découverte en découverte. Il est toujours à recevoir. A Nazareth, Jésus passe sans s’arrêter, car les hommes ne sont pas prêts à l’accueillir. Il peut en être de même en chacun d’entre nous ! Jésus passe en nous à chaque Eucharistie ; mais sommes-nous prêts à l’accueillir pour ce qu’il est et non pour ce que nous pensons de Lui ? A Nazareth, il ne s’agit donc pas d’un échec du Fils de Dieu ; mais d’un échec de l’homme, dont la Foi s’est figée à la dernière expérience spirituelle qu’il a vécu…

                                   Alors, une seule attitude spirituelle possible : l’humilité ! Je ne sais presque rien de Celui qui me rejoint… Oublions ce que nous avons appris. Ecoutons-le et dans un premier temps, taisons-nous… C’est pourquoi le Curé d’Ars et après-lui le Concile Vatican 2 nous  rappellent qu’on ne peut communier à l’Eucharistie, que si l’on a entendu l’Evangile proclamé ! Laissons le Seigneur nous surprendre et nous désarmer parfois. « L’Amour est patient », écrit saint Paul. L’Esprit du Seigneur nous fera sortir de nos rétrécissements… l’intelligence humaine n’aime pas être déconcertée. Et pourtant, ce sont ceux qui acceptent d’être des enfants, qui ont accès au Royaume.

Il est beau de voir Jésus s’étonner du manque de Foi de ses contemporains !

Cela signifie que même pour nous, rien n’est écrit d’avance… 


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