Vous devez vous demander : Quest ce que Philippe va nous dire aujourd’hui ? C’est vrai ! Un diacre marié vous aurait peut-être parlé du mariage et il aurait raison puisque cela rejoint ce qu’il vit ! Mais moi, petit célibataire consacré, qu’est-ce que je pourrais dire ? Ma pratique de l’écoute me donne surtout à rencontrer des femmes et des hommes en souffrance, des enfants tiraillés dans leur vie de famille recomposée… des foyers hôtels où l’on mange et on dort, sans jamais communiquer…

            Alors j’ai lu et relu ce passage d’évangile, jusqu’à le savoir par cœur ! « Des pharisiens abordèrent Jésus, pour le mettre à l’épreuve », note Saint Marc. Ces pharisiens étaient friands des discordances qu’il pouvait relever dans les saintes écritures. D’une part il y avait le livre des commencements où il était dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ! Je vais lui créer une aide et tous deux ne feront plus qu’un à l’image de la Sainte Trinité où le père ne fait qu’un avec le fils, le fils ne fait qu’un avec le père et tous deux ne font qu’un avec le Saint Esprit… D’autre part, il y a la prescription de Moïse, qui autorise l’homme à remplir un acte de répudiation, pour renvoyer sa femme… Mais de fait l’intention des pharisiens et de mettre Jésus à l’épreuve et ces deux textes fondamentaux de l’Ancien Testament n’en sont que l’occasion…

                                   Alors, vous l’avez entendu, Jésus parle des petits enfants ! Jésus souligne par-là, qu’il y a deux attitudes possibles à l’égard du Christ. Il y a l’attitude des enfants que Jésus donne un exemple. Ils sont tout simples et ils ont un a priori favorable, face à celui qui se présente à eux. Et il y a l’attitude des pharisiens, qui cherchent à mettre Jésus à l’épreuve. Deux attitudes contrastées : la disponibilité, l’ouverture et la droiture. Et en face la ruse, le désir de pinailler. Deux attitudes que Saint Marc met en relief. Voilà qui peut rejoindre notre vie, qu’on soit marié, veuf ou célibataire… Comment accueillons-nous la parole de Dieu ?

            Jésus parle d’endurcissement des cœurs. Qu’est-ce qui provoque cet endurcissement ? D’abord nos rêves et nos illusions : l’herbe est toujours plus verte dans le pré d’un côté ! Ensuite, et cela se vérifie dans le mariage, comme dans toute vocation… nous aimerions que Dieu agisse à la manière dont nous envisageons l’avenir… On est dans le « viens ici seigneur est agi de telle façon », alors que le seigneur nous invite à marcher à sa suite ! Là, le commandement du seigneur c’est moi qui les dicte… or ce n’est pas ce que le Christ attend de nous. Un jour il dira : « moi je suis le chemin la vérité et la vie… viens et suis-moi… » Jésus et toute miséricorde. Il accepte et accompagne nos rythmes de conversion à chacun…

                                   Un jour, à l’occasion d’une semaine de retraite prêtre et laïques, j’ai rencontré une femme médecin à la retraite. Le dernier jour, alors que nous pouvions parler entre nous, cette femme médecin nous avoua : – Je suis vendéenne et jusqu’à l’âge de 14 ans, je croyais que les vaches avaient des écailles. –Éclats de rire dans l’assistance… puis on lui demanda : pourquoi jusqu’à 14 ans ? –Parce que 14 ans, notre curé nous prépare à la confirmation. Et le lendemain de ce grand jour, il nous emmena tous en pèlerinage à Lisieux, en Normandie. Et j’ai vu des vaches propres ! Je compris alors que les vaches vendéennes, pour se préserver du soleil se vautraient dans la boue des marais et une fois sortie du marais, le soleil craquelait là boue accrochée à leur pelage…

            L’endurcissement des cœurs, peut s’insinuer peu à peu dans nos vies, jusqu’à faire partie du paysage. Les vaches vendéennes ont des écailles ! Il y a souvent une distance entre ce que nous vivons est ce que le seigneur nous appelle à vivre. Seigneur, viens nous rejoindre. Humanise-nous. Sanctifie-nous.