EPIPHANIE


Le peuple français est en marche ! Les Médias nous parlent des manifestants en marche pour que soient reconnus les droits des réfugiés. 

Mais il y a aussi la marche des Insoumis contre la Loi Travail ; les marches pour la Paix ; les marches silencieuses pour Maëlis et d’autres, sans oublier la République en Marche et j’en passe ! Marche des ouvriers, marche des retraités, marche des étudiants… Le Français, de tous les Européens, est un des plus grands marcheurs ! Nous sommes certainement influencés par deux mille ans de christianisme, où Jésus nous redit sans cesse : « Lève-toi et marche ! »

            Eh bien, en ce jour de l’Epiphanie, l’Evangile nous présente trois hommes en marche, comme notre ancêtre Abraham à qui Dieu dit : « Va vers le pays que je te donnerai », ou comme Gédéon,  à qui Dieu dit : « Va avec la force qui est en toi »…

            Melchior, Gaspard et Balthazar se mettent en route, les yeux levés vers la Lumière, non seulement celle d’une étoile ; mais celle éclairant le visage d’un nouveau-né : Lumière de Dieu.

            C’est un peu comme quand tu prends l’avion pour aller au bout du monde, faire connaissance avec ton petit fils ! (Jacques Loew, « Paraboles et Fariboles », Foi Vivante 1993, page 22) « Au départ, le ciel est bas, il pleut. Puis on s’élève au-dessus d’une mer de nuages… Après quelques temps, l’atterrissage est annoncé, mais tarde à venir… Le soleil se trouve tantôt à droite, tantôt à gauche… » Les Mages venus d’Orient font un détour par Jérusalem : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Les chefs des prêtres et les scribes les connectent à la Parole de Dieu : « Toi, Bethléem de Judée… de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple » Alors, dit Jacques Loew : « l’avion plonge dans cette nuée… il avance en aveugle… et tout à coup on est arrivés,… au centimètre exact où l’avion devait se poser,… guidé par… »

            Ainsi la Foi des mages ! Elle les conduit au point exact et merveilleux, dans une non-vision totale. L’Ancien Testament, qui paraissait si obscur, s’éclaire soudain avec la venue du Christ. Les trois marcheurs trouvent enfin le lieu où se trouve l’enfant et en éprouvent une grande joie, dit l’Evangile… Ils avaient rendez-vous avec quelqu’un et découvrent un enfant, qu’ils reconnaissent comme le « roi des Juifs ». Pour ce grand voyage, Dieu les accompagnait, comme une étoile et la Parole des Prophètes leur a précisé le lieu d’atterrissage.

            Ils ont marché pour voir et adorer. Saint Jean Chrysostome écrit : « Les Mages se sont mis en route, parce qu’ils avaient vu l’étoile ; mais ils ont vu l’Etoile, parce qu’ils se sont mis en route… »

            Voilà le portrait de l’homme croyant, qui sait que l’Evangile n’est pas un événement du passé ; mais du présent… Les Mages ont pu adorer parce qu’ils ont eu le courage de marcher. Et, se prosternant devant le petit, le pauvre, ils ont découvert la Gloire de Dieu…


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