Dimanche 4 novembre 2018 : 31° ord. b = Matthieu 12,28-34.





L’Amour : un commandement ! Voilà qui peut surprendre. Peut-on commander d’aimer ? Oui, car l’amour n’est pas naturel. On peut aimer naturellement ce qui nous ressemble et ce qui nous flatte ! Mais aimer un immigré qui fuit la guerre de son pays, aimer un électro sensible, dont on ne comprend pas la maladie et que naturellement on taxerait de malade psychique

              Une autre chose peut nous surprendre aujourd’hui : 

de deux commandements, Jésus n’en fait qu’un seul, en proposant que Dieu passe en premier ! Saint-Jean écrit (1 Jn 4,20-21) :

 « Si quelqu’un dit j’aime Dieu, et qu’il déteste son frère, c’est un menteur. Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas. » Il n’y a pas de supériorité entre ces deux commandements qui ne font qu’un dit Jésus. C’est un commandement à deux faces ! Un peu comme nos pièces de monnaie : il y a le côté face et le côté pile… Dans nos rapports avec les autres nous utilisons le côté pile et ne nous soucions pas du côté face ! Or, pour vivre l’amour du prochain, il nous faut passer par le côté face : l’amour de Dieu. Jésus reprend la profession de foi du peuple d’Israël : « Ecoute Israël, le seigneur notre Dieu est unique. Tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » … Le croyant juif sait de tradition, qu’il faut écouter la parole de Dieu, qui est une parole d’amour. C’est dans la mesure où nous accueillons l’amour de Dieu, que nous pourrons le réaliser au jour le jour dans notre vie. Aimer Dieu c’est fonder notre vie sur Celui qui l’unifie, au point que l’amour du tout Autre ne fait plus qu’un avec l’amour du tout proche…

                                          Prenons un exemple ! Tout le monde sait que la mer et l’océan existe. Nous l’avons tous appris à l’école avec les cartes de géographie. De même tout le monde a entendu parler de la notion de Dieu. Parmi ces gens, certains ont reçu des MMS leur montrant la mer, par des membres de leur famille ou de leurs amis. De même beaucoup de gens vous ont vu venir à la messe aujourd’hui, ou ailleurs se rendre au temple ou à la mosquée. Ils peuvent dire : Peut-être que Dieu existe, j’ai vu des personnes se rassembler en son Nom…

              Parmi ces gens, certains ont voulu en savoir plus. Ils ont parfois parcouru un long chemin, pour s’approcher de la mer. Et là, ils découvrent que la mer est vivante. Elle bouge et les rayons du soleil jouent avec les vagues… Et la mer dépose des cadeaux sur le rivage : des algues, des coquillages ! Ainsi en va-t-il de la connaissance de Dieu pour certains. Alors sur le rivage, ils cherchent les cadeaux de la mer : la guérison de leur grand-mère, la réussite de l’examen de leur petit-fils, la cohésion de leur couple, etc.… C’est super !

              Parmi ces gens, certains osent s’aventurer. Ils se déchaussent, comme Moïse devant le buisson ardent et mettent les pieds dans l’eau. La mer caresse leurs pieds. C’est froid, mais c’est bon… Alors, encouragés par d’autres, qui ont tenté l’aventure avant eux et qui leur disent : « Vas-y, elle est bonne ! », ils se risquent à plonger leur corps tout entier dans la mer… Grand frisson ! Mais la mère a du goût, elle e »st salée et ça pique les yeux ! Mais ça cicatrise les petites plaies… Alors, encouragés par les autres baigneurs, ils s’aventurent à ce coucher dans la mer et là ils découvrent, ô miracle, c’est la mer qui les porte ! Ainsi en va-t-il de notre rencontre avec Dieu. Ils ne cherchent plus les cadeaux de Dieu ; mais Dieu lui-même et Dieu les porte. Ils sont submergés par l’amour de Dieu, qui les ramène au rivage pour qu’à leur tour, ils portent leurs frères dans l’amour… Touchés par l’amour de Dieu, ils deviennent amour avec Jésus.  

« Notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en Toi », disait saint Augustin.