Le Maître s’est absenté, dit Jésus. Ce thème revient plusieur
s fois dans les Evangiles. Et c’est vrai, le Christ est inaccessible à nos sens. Nous ne le connaissons que par le témoignage des Saintes Ecritures ; mais leurs auteurs, eux aussi, sont partis ! Nous vivons le temps de l’absence, comme nous le chantons à chaque messe, avec l’anamnèse : « Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la Gloire. »

            Mais ce temps de l’absence est atténué par une Présence autrement ; mais non moins réelle. Il est un peu comme la source qui dissout la terre pour nourrir nos racines… Pour nous chrétiens, Jésus est vivant, aussi vivant qu’hier et qu’il le sera demain. Alors nous est donné ce temps de l’Avent, pour nous préparer à l’accueillir dans notre aujourd’hui et que ne se reproduise pas ce qui s’est passé à Bethléem (Lc. 2,7), où « il n’y avait pas de place pour Lui… »

                                   « Je le dis à tous : veillez », dit Jésus. Soyez comme le Père Céleste, qui, continuellement, veille sur nous. « C’est Lui qui vous fera tenir solidement jusqu’au bout » écrit saint Paul. Veiller à l’image de Dieu, cela engage une manière d’être et une manière de vivre. Avec la Grâce de Dieu, cela nous engage à être présents à nous-mêmes et aux autres… Saint Paul disait (1 Co 1,3-7) : « Aucun don spirituel ne vous manque… C’est Lui qui vous fera tenir solidement jusqu’au bout… Lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus Christ… » Saint Augustin vivait cela, ce qui lui faisait dire : « Notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en Toi… » Comme il l’a vécu avec Zachée, la femme adultère, Simon le pharisien et tant d’autres, Jésus réveille en nous ce désir intérieur…

                                   Vous voyez qu’aujourd’hui la couleur liturgique change avec le temps de l’Avent ! Jusqu’à Noël, le vêtement liturgique sera violet. Cela signifie que le temps de l’Avent a une dimension pénitentielle. Alors que notre nature humaine nous entraîne toujours vers le bas et qu’on s’accoutume facilement d’une vie horizontale, il faut une certaine ascèse pour retrouver la dimension verticale de la Croix et être à nouveau habités par l’envie de Dieu. Il y a des communautés monastiques, où pendant ces quatre semaines de l’Avent, comme durant le Carême, on met en attente tout courrier non urgent, pour pouvoir retrouver famille et amis après ce temps ; mais remplis de la Présence de Dieu, pour une rencontre plus féconde… Mais vous et moi, nous ne sommes pas des moines ! Il ne s’agit donc pas de les imiter ; mais de suivre la direction qu’ils nous indiquent. Plus nous serons habités par la douceur et la Miséricorde de Dieu, plus nos relations humaines en seront illuminées. Un de nos ancêtres chrétien a vécu cela avec une telle intensité, qu’on l’avait surnommé Bonaventure. C’est ce que je souhaite à chacun d’entre nous, moi compris : Que nous devenions une bonne aventure pour toutes celles et tous ceux que Dieu met sur notre route !

                                   Oui, prions les uns pour les autres…