En 1968, quand j’étais étudiant, notre professeur d’exégèse de la Bible, nous disait : Avant de prier le bréviaire, il vous faut vous tenir au courant de l’actualité dans le monde ! C’est ce que fait aujourd’hui Jésus dans ce passage d’évangile… A notre porte, nous rencontrons la misère du peuple de Dieu, dans les hôpitaux, les hospices où sont parqués nos aînés, les migrants sans-papiers à la recherche d’un havre de paix… etc.… Et il y en a des lieux, où l’on est seul, en manque d’amour ! Aujourd’hui, ce n’est pas une question piège, qui est posée à Jésus. C’est une bonne question, qui est encore la nôtre, en ces temps : Pourquoi le mal ? Devant le malheur des autres, on est souvent tenté de penser : ils y sont certainement pour quelque chose, s’il leur arrive cela ! C’est ce que disait le nombre de personnes, quand on a découvert l’épidémie du sida : ils n’avaient qu’à bien se tenir et ça ne serait pas arrivé ! Mais Jésus dit : « Pensez-vous que ces galiléens étaient de plus grands pécheurs que les autres ? Eh bien non » ! Alors, on crie : Il n’y a pas de justice ? Alors, on va chercher une autre cause. Il y a quelque temps, les cinémas nous présentaient un film : « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu » … Vous l’avez peut-être vu, c’était plein d’humour ! Et depuis quelques semaines, un autre film est sorti : « Qu’est-ce que nous avons encore fait au bon Dieu » ! La tentation est grande ! Si on n’a personne sous la main, on peut demander des comptes à Dieu. On oublie ainsi, que le mal est un mystère… et on oublie la fin heureuse prévue pour le monde… Dans la première lecture, Dieu se révèle à Moïse. Et Dieu lui dit : « J’ai vu la misère de mon peuple… j’ai entendu ses cris… je connais ses souffrances… je suis descendu pour le délivrer ». Souriez, vous êtes filmés ! La vidéo protection d’aujourd’hui n’a rien inventé ! Mais Dieu dit : « Je suis descendu pour le délivrer ». Dieu se présente comme un médecin urgentiste ! Il vient sauver… Et en Jésus, Dieu s’identifie à son peuple victime du mal. Et Jésus nous parle de l’urgence de la conversion. On a trop tendance à compter sur nous-mêmes. Ravisons-nous et retournons vers le Père, qui nous aime. Dieu lui-même descend avec sa « trousse de secours ». En ce troisième dimanche de carême, Jésus nous invite à contempler le regard d’amour bienveillant de Dieu. Souriez, vous êtes filmés ! Tous nous portons le poids du jour et Dieu vient apaiser nos souffrances. Il y va de notre survie, de revenir à Dieu, dit Jésus. Se convertir, c’est accepter que Dieu se penche sur chacun de nous. C’est s’abandonner…
Prions les uns pour les autres…