Dimanche 24 décembre 2017 

4° de l’Avent, 

année B : Luc 1,26-38.

                                                           A la veille de Noël, nous découvrons un Dieu qui rejoint notre humanité. Nous découvrons surtout que Dieu ne dirige pas les choses selon nos prévisions et qu’Il nous appelle à le suivre, même quand Il nous conduit sur un chemin, que nous n’aurions pas imaginé. Regardez de près l’Evangile que nous venons d’entendre : L’Ange Gabriel ne propose pas un choix à Marie. Son message est au futur. Il lui annonce ce qui va advenir. Dieu agit toujours ainsi ! Il disait à Jérémie ( 1,5 et 8) : « Je te connaissais avant même de t’avoir formé dans le ventre de ta mère. Je t’avais mis à part pour me servir, avant même que tu sois né (ce sera pour Marie l’Immaculée Conception)… N’aie pas peur… » Et Marie, parce qu’elle est nourrie de la Foi de son peuple Juif, ne va pas dire OUI, mais : « Je suis la servante du Seigneur… » C’est ce que la Tradition appelle : « l’Obéissance de la Foi… » Alors, ce soir et demain, Noël ne sera pas seulement un réveillon ; mais le Seigneur, qui frappe discrètement à notre porte et qui attend notre acte de Foi.

               « En ce temps là… » commençait notre Evangile. C’est le temps de l’histoire ; mais non celui des historiens ! C’est aussi notre temps d’aujourd’hui. L’Eglise reçoit l’Evangile, comme une Parole pour aujourd’hui. « En ce temps là… » et c’est le nôtre !

                                            Mais ; « N’aie pas peur, sois sans crainte Marie », dit l’ange Gabriel. Comme Marie on ne peut pas faire l’économie de la crainte. Toute vie chrétienne exige de nombreux passages de la peur à la Foi. Et « l’ange quitte Marie », note l’Evangile. On revient au quotidien ordinaire. Comme chacun d’entre nous, Marie va, à partir de maintenant, devoir croire sans voir. La lumière s’est éteinte et ce sont trente années de vie routinière, qui vont commencer au lendemain de Noël… Dans l’ordinaire qui lui est revenu, Marie a conscience qu’elle est intérieurement une femme nouvelle. « Sois sans crainte Marie… tu as trouvé grâce auprès de Dieu… l’Esprit Saint te prendra sous son ombre… » En ce moment, je pense avec un très profond respect à mes aînés mes frères prêtres, mais aussi à nos aînés qui sont en couple depuis 50, 60 ans ou plus. L’ange de Dieu qui les a mis sur rail est parti et ils restent fidèles en femmes et hommes autrement dans l’ordinaire de leur vie… C’est aussi à chacun d’entre nous que l’Ange s’adresse ainsi :  « Sois sans crainte Marie… tu as trouvé grâce auprès de Dieu… l’Esprit Saint te prendra sous son ombre… »

                                            Cet évangile me rappelle un interview de André Sève à Georges Brassens (Toute une vie pour la chanson, Le Centurion 1975) :

               « -André Sève : Après trois jours d’écoute…

               -Georges Brassens : D’écoute, si l’on veut… Tu attends, tu attends et quand ça coïncide avec ce que tu attends, pof, ça fait tilt. Tu me regardes d’une façon vivante, tu es ouvert. Mais quand ça ne coïncide pas, je vois ton visage sans vie… Tu arrives ici avec un Brassens entièrement préfabriqué dans ta petite tête et tu veux me faire entrer là-dedans. La seule chose qui t’intéresse c’est de me faire dire ce que, d’après toi, Brassens doit dire, ce que Brassens doit être. Tu pourrais avoir le vrai Brassens, en tous cas un Brassens inattendu. Mais tu t’es préparé un Brassens que tu veux. On attend toujours les êtres comme on les veut, on n’est pas prêts à la surprise… »

               Et toi, comment tu attends le Christ ?

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