Dimanche 17 février 2019 ;6° ordinaire C : Luc 6,17 20-26

 

                                  Qui dira l’importance de l’arbre, dans notre vie ? « Auprès de mon arbre, je vivais heureux. J’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre »… Chantait Brassens. « Comme un arbre dans la ville, je suis né dans le béton, coincé entre deux maisons… Entre béton et bitume, pour pousser, je me débats ; Mais mes branches volent bas, si près des autos qui fument » …  Chantait Maxime le Forestier.

            On parle d’arbre généalogique, quand on fait des recherches sur nos racines familiales. J’ai même entendu, lors de funérailles : papy, il était solide comme un chêne, on pouvait s’appuyer sur lui… Et certains m’ont manifesté leur étonnement de voir un sapin de Noël trôner dans le cœur de Notre-Dame de Lourdes.

            La Bible recourt souvent aux arbres. (Jérémie 17,5–8) « L’homme qui met sa confiance dans le Seigneur… sera comme un arbre, planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant : il ne craint pas la chaleur, quand elle vient et son feuillage reste vert » … Et le psaume un, disait : « Celui qui se plaît dans la loi du seigneur, est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne son fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » … Il semblerait, à travers la Bible, que l’arbre ait la vocation d’être heureux ! Avec l’image de l’arbre, le prophète Jérémie et le psalmiste exprime le bonheur de celui qui s’enracine en Dieu…

                                   Et c’est bien du bonheur, dont il est question aujourd’hui avec l’Évangile ! Les quatre béatitudes que rapporte Luc touche des réalités de notre vie. « Bienheureux les pauvres ». C’est notre rapport aux choses, qui est visé ! Ce que je possède, mon expérience, mes qualités, cette rivière vers laquelle tendent les racines de l’arbre que je suis, est-elle nourrissante de mon bonheur intérieur ? « Heureux, vous qui avez faim maintenant » … Là, ce sont nos besoins vitaux, qui sont visés. Un jeune qui avait fait une expérience d’un an chez les chartreux, me disait : mon souci, c’était de couper et engranger assez de bois, pour ne pas trop souffrir du froid dans l’hiver à avenir… « Heureux vous qui pleurez maintenant » … Là, ce sont nos émotions profondes qui sont concernées. Ma souffrance, mon rapport à la mort, ce que je perçois du sens de ma vie… Ou je plante mes racines, m’apportent-elles le bonheur ? « Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïssaient, vous repoussent… à cause de moi » ! Là, c’est notre relation aux autres qui est ciblé. Notre légitime besoin de reconnaissance sur qui s’appuie-t-il ? Notre rapport aux choses, les désirs justifiés d’assouvir nos besoins vitaux, nos émotions profondes et nos relations avec les autres… voilà que les quatre béatitudes de Luc concernent bien nos besoins vitaux !

                                   Y a-t-il un homme, qui a surmonté ses besoins vitaux et trouvé le bonheur ? « Auprès de mon arbre je vivais heureux » … Mais Jésus, le Christ ne s’est jamais éloigné de son arbre ! L’Évangile nous le montre pauvre : il n’avait pas d’endroit où reposer la tête. L’Évangile nous montre Jésus affamé lors de la tentation au désert et assoiffée de la présence de son père. L’Évangile nous montre Jésus en pleurs, à la mort de son ami Lazare et quand de Jérusalem refuse de l’entendre. L’Évangile nous montre Jésus persécuté par ceux qui refusaient son message d’amour et la proximité de Dieu qu’il annonçait… Désormais le Christ peut être rencontré dans le frère indigent.

            Dieu vivant est là, nous dit Jésus. C’est avec lui que Jésus trouvait son bonheur. Aujourd’hui, Jésus est notre seule richesse, mais notre pauvreté fait que nous n’en sommes pas assez convaincus. Prions les uns pour les autres…