Quel est le sens de notre existence ? Pourquoi ce passage sur terre pour 80 ans, 100 ans pour les plus vigoureux ?
 Ce jeune homme de l’Évangile l’a bien compris. Notre vie sur Terre est une préparation à la vie éternelle… 
Alors ce jeune homme, avec toute sa fougue, court vers Jésus. Plein de bonne volonté, il lui pose la question qui lui tient à cœur : « Que dois-je faire ? »
 Avouons- le, pour nous-mêmes et nombre de nos concitoyens, ce n’est pas là le souci majeur ! Voilà donc une belle démarche, qui ne peut que réjouir le seigneur…

            OK, dit Jésus ! Mais il y a deux conditions : 1) « Evite le meurtre, le vol, l’adultère, le mensonge, honore ton père et ta mère. » 2) Vend tout ce que tu as, donne aux pauvres. Lâche tout ce que tu préfères Dieu et viens à ma suite… Un confrère me disait : c’est comme pour une montgolfière ! Pour qu’elle s’élève vers le ciel, il faut lâcher toutes les amarres, qui la retiennent à la terre… Dans un entretien, avec une personne qui désirait se consacrer à Dieu, je demandais : A qui adresses-tu la première parole le matin au réveil ? Par SMS à un membre de ta famille ? Par mail à un ami ? « Que dois-je faire ? », disait le jeune homme de l’Évangile ! Et je répondrais : dans la journée tu peux être très occupé par les exigences du service, mais ne te lèves pas et ne te couches pas sur une parole d’homme…

                                   Qu’a-t-il manqué au jeune homme de l’Évangile ? 1) « Maître j’ai observé tous les commandements depuis ma jeunesse… » Pour obtenir en cadeau du ciel la vie éternelle, on ne flatte pas Jésus ! On ne peut demander à Jésus d’ajouter aux biens de la terre, les biens du ciel ! 2) Vous savez combien j’aime le curé d’Ars ! Au petit berger qui l’a guidé en lui montrant le chemin du village d’Ars, il a dit : « tu m’as montré le chemin de Ars je te montrerai le chemin du ciel ! » Et le gamin de répondre : je préférerais que tu me donnes trois sous… Et le jeune homme de l’Évangile refuse le chemin vers l’inconnu où Jésus veut l’emmener. Il tourne les talons et s’en retourne tout triste à ses sécurités temporelles…

            C’est un peu notre histoire à chacun, bien sûr en moins dramatique ! Ça nous arrive devant un pardon à donner : Pour qui vais-je passer, si je passe l’éponge ? « Donne et tu auras un trésor dans le ciel », dit Jésus. Ça nous arrive, dans la gestion de notre temps : Si je réponds à ses sollicitations, je risque d’y passer tout entier. Tu donnes la main et on te prend le bras ! « Donne pour et tu auras un trésor dans le ciel », dit Jésus. Eh oui, ce serait dommage de limiter l’appel du Christ en ne l’appliquant qu’à notre patrimoine financier…

                                   Et si la pointe de ce récit était ailleurs ? Le plus important n’est-il pas le regard de Jésus ? Il le regarde et il l’aima. Jésus parle par son regard. Il le regarde et lui manifeste, à lui, tout son amour… C’est ce regard, que nous venons chercher à la messe aujourd’hui. Même si dans la vraie vie, nous faisons trois pas en avant et deux pas en arrière, comme dit la chanson, nous venons à cette heure nous plonger dans l’océan de Miséricorde de ce regard. Là, je me sens accueilli inconditionnellement et le Christ se donne à moi sans mesure… « Tout est possible à Dieu », dit Jésus. Il n’est plus question de « que dois-je faire ? » ; mais de se laisser faire…