Dimanche 27 janvier 2019 ; 3° ordinaire C : Luc 1,4-21.


Quand on interroge un catéchumène adulte sur ce qui l’a amené à demander le baptême, c’est presque toujours, par ce qu’il a entendu une parole. De même, si en sortant tout à l’heure, en se risquait à « un radio crochet » avec chaque personne rencontrée, on s’apercevrait que toute connaissance de Jésus commence par une parole entendue, un flash : la crèche de Noël, la multiplication des pains, l’eau changée en vin, tendre l’autre joue si l’on te frappe sur une joue et l’incontournable : « aimez-vous les uns les autres »…Ces clichés sur la personne de Jésus, sont une connaissance rudimentaire, mais peuvent être le point de départ d’un véritable questionnement au sujet de Jésus…

                                   C’est ce qui amène Saint Luc à écrire son Évangile. Il n’est pas journaliste ou historien. Il se présente comme témoin. Saint Luc écrit : « J’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi… afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus… » (1,1–4).

            Luc n’a pas connu Jésus de son vivant. Converti par Saint-Paul, il recueille et transmet le message des premiers témoins…

            « Aujourd’hui, la parole de Dieu s’accomplit, » écrit Saint Luc. Pour lui, Jésus est cette parole de Dieu, qui aujourd’hui continue de vivre, dans l’église et dans le monde, par les disciples de Jésus, qui se penchent vers les pauvres, les démunies de toutes sortes. Pour Luc la parole de Dieu a désormais un visage : celui de Jésus. Regardons-le et imitons-le. Dans les difficultés que nous traversons, que de pauvres ont besoin de retrouver un sens à leur vie ! L’Évangile de Luc, est le récit très personnel de notre vie sauvée par Jésus.

                                   Aujourd’hui, comme dans le livre de Néhémie, nous sommes rassemblés, « comme un seul homme » ! Nous sommes rassemblés d’abord pour écouter la parole de Dieu, comme elle était proclamée par Esdras. Dieu réunit son peuple autour d’Esdras, à la synagogue ou à l’eucharistie aujourd’hui, d’abord parce qu’il veut s’adresser aux hommes et leur annoncer une année de bienfaits. Est-ce cette bonne nouvelle, que nous sommes venus chercher à cette heure ? Le concile Vatican2 demandait aux chrétiens de ne pas communier sacramentellement s’il n’avait pas entendu la proclamation de l’Évangile…

            Le livre de Néhémie dit : « que tout le peuple pleurait » en entendant la lecture de la parole de Dieu. Il ne pleurait pas d’émotion, mais parce qu’il se rendait compte qu’en ayant oublié la parole de Dieu, il se rendait compte de tout le temps qu’ils avaient perdu, de tout ce qu’il n’avait pas fait… C’est pourquoi Esdras leur dit : « ne pleurez pas ! La joie du seigneur et votre force… » C’est la même chose que le Christ dit aujourd’hui dans la synagogue : « l’esprit de Dieu repose sur moi et m’a envoyé proclamer la paix la joie ». Si nous lisons la Bible, comme parole de Dieu, elle ne peut que nous remuer au plus profond de nous-mêmes. On ne peut plus s’apitoyer sur le passé, la présence de Dieu au milieu de nous est source de joie et permet le commencement d’une vie nouvelle…

                                   C’est la parole de Dieu, qui construira l’unité des églises chrétiennes. Notre seul guide, c’est le Christ. Le pape François nous recommande d’avoir toujours un Évangile à portée de main et de le lire chaque jour !