Dimanche 12 novembre 2017 ; 32° ordinaire A :  Matthieu 25,1-13.




                                  Il y a dix jours, nous étions en fête : c’était Toussaint ! Les cimetières étaient rafraîchis et refleurissaient. Et le lendemain, l’Eglise nous invitait à faire mémoire de tous nos défunts… Mais comme chantait Léo Ferré : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus et tant aimés… L’Amour est mort ? L’Espérance des lendemains, ce sont mes pertes… »


                                   Jésus nous répond ! Il parle d’une noce, autre que celles que nous avons vécues jusqu’ici… La Bible est une grande histoire d’Amour : les noces de Dieu avec l’humanité. Dès le départ, Dieu a créé l’homme et la femme à sa ressemblance. Et lorsque les humains se sont détournés de Lui, Dieu n’a cessé de les inviter à renouveler son Alliance. Dieu nous aime comme un époux ! Mais il attend de chacun de nous une réponse libre. Chacun de nous sait qu’une fête ça se prépare. L’invité doit être prêt. Et là, Jésus note que deux attitudes humaines sont possibles : la vigilance ou l’insouciance… dont l’état de la lampe sera le signe…


                                   Que sont mes amis devenus ? Et dans la parabole de Jésus, il y a une parole terrible : « Je ne vous connais pas ! » N’ayons pas peur pour nos amis ou pour nous-mêmes. Jésus nous aime tellement qu’il nous adresse un ultime appel. Il ne veut pas que nous soyons séparés de Lui. Pour cela il nous raconte une histoire, qui nous invite à exercer la vertu de prévoyance. Il nous rappelle que l’enjeu est important ! Après l’arrivée de l’Epoux et que celles qui étaient prêtes furent entrées, on ferma la porte. Quand les insouciantes arrivèrent plus tard, l’époux leur répondit : « Je ne vous connais pas… » C’est terrible ! Ça me rappelle une paroissienne, membre de la famille de Charles de Foucauld, qui partit à Rome pour la Béatification de frère Charles. Elle fut refoulée à la frontière italienne,  car elle avait oublié sa carte d’identité…

            La grande fête de la rencontre se prépare par une vigilance de tous les jours. L’usure du temps, la fatigue, la routine endorment notre Foi et notre Espérance… Alors nous sommes nombreux à dire : « Ok pour la venue de notre Seigneur, l’époux ; mais pas tout de suite ! » On est loin du témoignage que donne saint Paul dans une de ses lettres : « Pour moi  mourir serait un avantage ; mais si le Christ veut me garder encore quelques temps pour vous, que sa Volonté soit faite… »

                                   Comme pour les vierges de la parabole, chacun de nous a une fiole d’huile, que nous ne pouvons échanger. Cette huile, c’est notre décision intime, le désir d’être tout au Christ dans ce temps de l’absence de l’époux. Cette huile  s’alimente dans nos temps réguliers de prière, car l’époux pourrait nous dire, comme aux insouciantes : Pourquoi frapper à ma porte maintenant, alors que tu ne te souciais pas de moi ? On peut être présent à cette heure ; mais qu’en est-il dans notre tête et notre cœur ?

Seigneur, puisque personne ne peut combler mon manque d’huile,

Donne-moi, par l’Esprit Saint, d’être vigilant aujourd’hui et demain.

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