Dimanche 11 novembre 2018

 32° ord.b : Marc 12,38-44 ;

 1 Rois 17,10-16.



 

                                          La première question qui me vient, à l’écoute de la première lecture et de ce passage d’évangile, c’est : qu’est-ce qui guide nos choix, dans la vie ? Suis-je un homme ou une femme de cœur ? Ou bien, suis-je raisonnable ? Les coups de cœur sont rarement raisonnables !

              Il n’était pas raisonnable, ce migrant sans-papiers, qui a escaladé la façade d’un immeuble, pour sauver un enfant ! Et son coup de cœur a touché la république, qui a décidé de le régulariser…

              Il n’était pas raisonnable, ce jeune qui a donné cinq pains et deux poissons, le casse-croûte qu’il avait reçu pour la journée ; mais cela a permis d’apaiser la faim de plus de 3000 hommes…

              Elle n’est pas raisonnable la veuve de Sarepta là, qui donne au prophète Elie le petit pain qu’elle a confectionné avec la dernière poignée de farine et le peu d’huile, qui lui restait…

              Elle n’est pas raisonnable la pauvre veuve qui met dans le tronc du temple tout ce qu’elle avait pour vivre : deux pièces jaunes… Mais de tous, dans le temple, c’est elle que le seigneur a remarquée !

              ILS ne sont pas raisonnables les serviteurs de la noce de Cana, qui remplissent d’eau les jarres, quand on manque de vin. Et pourtant, la fête peut continuer, il y a du bon vin en abondance pour chacun…

              Elle n’est pas raisonnable Marie, qui au pied de la croix offre son fils, tout ce qu’elle avait pour vivre… Mais il en résultera le salut du genre humain !

              Il n’est pas raisonnable Jésus, qui par anticipation donne, le jeudi saint, son corps et son sang pour la multitude, en rémission des péchés…

                                          Bienheureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux, avait dit Jésus. Pourquoi ? Parce qu’ils ressemblent à Dieu. « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », disait Sainte Thérèse. « La jarre ne s’épuisera pas et la farine non plus », disait Elie. Il ne s’agit pas d’un grand nombre de jarres et d’une montagne de farine, pour un certain temps ; mais d’une poignée de farine et d’un verre d’huile, qu’on a beau puiser et il y en a encore pour le lendemain… Il y a toujours une poignée de farine… C’est comme la manne donnée par Dieu au peuple dans le désert. Chaque jour chacun peut ramasser ce qui lui est nécessaire pour l’aujourd’hui. Ce dimanche, les textes de la Bible nous invitent à vivre notre vie sous le regard de Dieu et non celui des hommes. Cette semaine, ferons-nous confiance en la providence divine ? Serai-je capable aujourd’hui, de me tenir dans une véritable disponibilité de cœur envers celui ou celle, qui va solliciter mon écoute ?

              L’offrande de Jésus est la source de notre vie aujourd’hui. Il n’y a de don total possible, que dans l’union au don total du Christ, que nous célébrons au cours de cette messe.