Dimanche 7 avril 2019 ; 5° de Carême C : Jean 8,1-11.


            De quoi est-il question, dans ce passage d’évangile ? La lettre de Saint-Jacques (3,9–10) résume ainsi : « C’est avec la même langue, que vous bénissez le Seigneur et Père et que vous dites du mal des hommes qui ont été créés à l’image de Dieu » … Tous les cancans, les exclusions, les divisions, les rancunes, voilà un cancer, qui mine nos communautés paroissiales. Et après on s’étonne que tant de chrétiens, autour de nous, se disent : « croyants, mais non pratiquants » ! Dire du mal, pas toujours vrai, et en tout cas chaque fois fortement exagéré, voilà des coups de langue, plus meurtriers que des jets de pierre… On m’a rapporté que dans une de nos églises, quelqu’un avait craché dans le bénitier ; dans une autre, que quelqu’un avait uriné et un crucifix avait été vandalisé ! C’est grave et la loi de la société civile cherche à punir ces délinquants… Mais n’est-il pas plus grave, de cancaner sur son prochain ? Nos églises, les crucifix sont des images mortes, tout au plus bénites, alors que l’homme est une image vivante, parfois bien défigurée je l’avoue…

                                   Alors, que fait Jésus ? Je relève trois gestes :

            1) « Que celui qui est sans péché, jette la première pierre ». Jésus nous renvoie à nous-mêmes, pas pour que nous soyons écrasés par notre péché personnel ; mais pour que nous nous ouvrions à la Miséricorde de Dieu. « Qu’as-tu à dénoncer la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors qu’une poutre est dans le tien », dira Jésus un jour ! Et ce jour-là, tous réalisent qu’ils sont pécheurs et se retirent un par un, en commençant par les plus âgés…

            2) « Moi non plus, je ne te condamne pas » … Jésus se montre indulgent devant la faiblesse humaine, quand on est vraiment honteux et repentant… Jésus va relever cette femme. Ce n’est pas parce que l’on a menti, que l’on est un menteur ! Chacun de nous est plus que ça. Jésus ne confond pas la faute avec la personne…

            3) « Va, désormais, ne pêche plus ». Jésus est intransigeant pour ce qui concerne le péché : « Ne pêche plus » …

                                   Chrétiens, vous avez revêtu le Christ, écrira Saint-Paul. Notre attitude au quotidien doit se calquer sur celle de Jésus le Christ.

            Seigneur, garde nous intransigeant sur les principes ; mais garde-nous, d’assimiler le pêcheur à son péché. Donne-nous la parole et le geste qui convient pour remettre notre frère debout, en lui redonnant l’appétit de l’idéal. Et Seigneur, pardonne-nous nos médisances nos calomnies et nos cancans.

                                   Frères et sœurs, que notre confession pascale, en cette dernière semaine de carême, ravive en nous la lumière de la Miséricorde.