19e dimanche ordinaire B : Jean 6,41-51 ; 1 Rois 19,4-8


12 aout 2018

Fin juin et début juillet, dans beaucoup de nos quartiers, il y a eu des « mangements » entre voisins. C’est une bonne occasion pour mieux se connaître. Chacun vient avec ce qu’il est et quelque chose à partager avec les autres… Tout se passera bien, si on évite d’aborder les sujets comme l’argent, la politique et la religion ! Mais si un des invités se met à tenir des propos dérangeants sur la politique migratoire de la France, ou sur notre président qui accepte du Pape François un titre honorifique lié à la basilique du Latran à Rome, alors au début on prendra son discours avec humour. Mais s’il persiste, on va récriminer contre lui. Il dérange…

Voilà en quelque sorte l’expérience que vivent les Juifs, qui récriminaient contre Jésus. Tous étaient unis dans une même Foi : d’une part il y avait Dieu, qu’on ne peut nommer et qui trône aux Cieux et d’autre part la vie sur la terre. Bien sûr, il y a une alliance entre Dieu et les hommes ; mais elle n’efface pas la distance infinie entre le Ciel et la terre. Or Jésus vient troubler ce rapport entre le monde et Dieu. Il se dit « descendre du Ciel » ! Alors les Juifs récriminent. « Nous connaissons bien son père et sa mère… » Un jour viendra, et ce sera vendredi saint, où on le clouera sur la croix pour le faire taire…

Mais c’était sans compter sur la Résurrection ! Désormais, pour nous chrétiens, le Ciel n’est plus séparé de la terre. « Celui qui croit en Moi a la vie éternelle », dit Jésus. Le Ciel n’est pas là où l’on pense ! « Je suis le Pain descendu du Ciel… », dit Jésus. « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous », dira-t-il encore. C’est l’expérience spirituelle qu’à fait saint Augustin : « Tu étais au-dedans et moi au dehors… je te cherchais… » Et sainte Claire d’Assise patronne de notre paroisse s’écriait : « Mon Dieu, je ne suis moi qu’en Toi. »

Cette révolution qu’apporte Jésus aux Juifs de son temps nous touche aussi aujourd’hui. Nous sommes parfois tentés d’oublier que le « Ciel est ouvert » et nous a rejoint sur la terre. Notre société veut réaménager des espaces sacrés, qui maintiendraient une distance entre Dieu et nous, et l’on quitte notre langue maternelle pour le latin ! Très bien si cela fait plaisir à un certain nombre ; mais ce ne sont là que des pratiques culturelles, qui n’ont rien de mystique … « Tout homme est une histoire sacrée », comme nous le chantons parfois. Jésus a dit : « Je suis le Pain descendu du Ciel ». Recherchons-le là où les hommes et les femmes ont les pieds sur la terre !

Dans quelques instants, nous allons communier au Corps du Christ,

Porte ouverte de la Nouvelle Alliance.

Que l’Amour de Dieu nous renouvelle.