JEUDI SAINT

Jésus avait souvent parlé de « son heure », qui n’était pas encore venue. Mais aujourd’hui on y est. Jésus entre dans sa Passion. Imaginez la scène ! L’ambiance est lourde… Les grands prêtres cherchent comment arrêter Jésus, Judas va le trahir, Pierre le reniera, tous s’enfuiront…

            Au cours de ce dernier repas, Jésus va prendre soin de ses disciples… Mais ce n’est pas un banquet ! Jésus prend du pain ordinaire, le pain des pauvres, que chacun peut trouver pour se nourrir. Ce pain, c’est le fruit de la terre et du travail des hommes, c’est celui que revendiquent les « gilets jaunes » et tant de familles dans le monde, qui en manquent cruellement ; mais c’est aussi le pain que l’on partage entre amis, pour devenir « copains » ! Jésus prend ce pain, le brise et le leur partage. Ce pain doit être reçu et mangé… Et il leur dit : ceci est mon corps, qui, dans quelques heures, sera brisé pour vous et pour la multitude. Par ce geste, Jésus se fait « pain » pour la vie du monde, afin que chacune de nos vies devienne plus fraternelle, sacramentelle… Chacune de nos messes, en est le mémorial.

                                    Dans ce climat tendu, Jésus va poser un geste étonnant ! D’habitude, la maman dit : lavez-vous les mains et venez à table ! Aujourd’hui, c’est au cours du repas que Jésus se lève, dépose son vêtement, prend un linge, verse de l’eau et se met à laver les pieds de ses apôtres… Mais, on ne mange pas avec les pieds ! Qu’est-ce qui se passe ?

            Voilà un geste qui prend du temps, et qui humainement ne sert à rien ! Mais par ce geste intime, Jésus assure chacun de ses amis, qu’il sera là avec lui, quoi qu’il arrive et combien désormais il prendra soin des pieds fatigués de chacun. Il est sensible au don que chacun fait de lui-même… Il leur avait dit, que s’ils n’étaient pas reçus dans une maison ou un village, ils devaient secouer la poussière de leurs pieds. Mais sachant que cela ne suffirait pas toujours, qu’ils pourraient garder en mémoire le fait d’avoir été mal reçus, Jésus les assure qu’il sera toujours à leurs côtés, pour leur laver les pieds, guérir leur mémoire…

            Jésus est en décalage, avec l’ambiance lourde du début du repas… Est-ce que je vais pardonner à Jésus, fils de Dieu, roi des rois, d’être à genoux à mes pieds pour me guérir de ne pas pouvoir pardonner à mon frère ? Jésus les aima jusqu’à la fin, note Saint Jean.

            Voilà ce qui se passe à chaque messe ! Dieu, par Jésus, nous apporte la consolation et la guérison, pour que nous soyons en mesure d’apporter la consolation à nos frères…

« Faites ceci, en mémoire de moi », dit Jésus.