Dimanche 9 septembre 2018 ; 23° ordinaire b : Marc 7,31-37.

 

                             



Où est Jésus ? 

Il a quitté le territoire d’Israël, il se trouve dans l’actuel Liban. 

Mais sa réputation l’a précédé, même dans ce territoire de la décapole.

 La, la mission de Jésus ne va pas se limiter au seul peuple élu, comme nous le rappelons à chaque messe, quand le prêtre dit :


 « ceci est la coupe de mon sang, versé pour la multitude… »

                                




   Devant cet événement, plusieurs lectures sont possibles.

1)      S’en tenir au récit : la séparation entre juifs et païen est brisé. Les promesses faites à Israël, concernent l’humanité tout entière…

2)     Regardez les signes ! Ce que les païens ne connaissent pas ou peu, les juifs le savent. Ils ont en mémoire (Isaïe 35,4) ou le prophète à la vision du Messie avenir et déclare : « les yeux des aveugles souvenirs s’ouvriront… le boiteux bondira comme un serf… la bouche du muet criera de joie… »

3)     Au-delà de la guérison médicale, on peut découvrir la puissance de Dieu à l’œuvre à travers la parole et le geste du Christ. Il s’agit là d’une lecture spirituelle de l’événement. C’est sur cette troisième lecture que je vais m’arrêter…

Qui est ce Sourd ? Il vient d’une terre étrangère à la foi juive. Il n’a peut-être jamais entendu la parole de Dieu. Il est sourd aux choses de la foi. Au-delà de ce Sourd de l’Évangile, c’est tous les gens qui n’ont pas d’oreilles pour entendre la parole de Dieu et qui n’ont pas de langue pour proclamer sa loi que le seigneur accueille… Ils sont comme leurs idoles (psaume 113) « ils ont une bouche qui ne parle pas et des oreilles qui n’entendent pas… »

          Ce sourd-muet, c’est un peu chacun de nous, car souvent nous sommes malentendants de la parole de Dieu. Il nous arrive de penser que le mal l’emporte toujours, que nous sommes éternels condamnés à la souffrance et que demain sera pire qu’aujourd’hui. D’ailleurs, ne dit-on. : « Ah de mon temps… »

          « Ouvre-toi » dit Jésus. Ouvre-toi l’espérance… nous savons qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre les appels de Dieu et de ses frères… « Ouvre-toi » dit Jésus. Ne reste pas enfermé sur tes soucis personnels et tes relations habituelles… Etre chrétien, c’est œuvrer avec Jésus, pour des espaces de fraternité et de communion avec les autres, particulièrement les « cabossés de la vie », ceux qui n’ont jamais la parole et que personne n’écoute, comme cet homme de l’Évangile qui s’exprimait difficilement. Le 9 septembre 2012, le pape Benoît XVI disait : « nous savons tous que la fermeture de l’homme son isolement ne dépend pas seulement des organes des sens. Il y a une fermeture intérieure, qui concerne le noyau profond de la personne, celui que la Bible appelle « le cœur ». C’est lui que Jésus est venu ouvrir, libérer, pour nous rendre capables de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec les autres… »

          Jésus emmène cet homme à l’écart ! Nous vivons tous des mises à l’écart. Il y a des mises à l’écart que nous n’avons pas choisi quand des problèmes de santé nous arrêtent brutalement. Et il y a des mises à l’écart que nous choisissons : une marche sur le chemin de Compostelle, une journée de solitude dans la montagne ou dans un monastère… etc. N’ayons pas peur de nous engager totalement dans cette mise à l’écart subi ou choisi. Le Christ est là. Laissons-nous toucher par lui afin qu’il guérisse en chacun de nous ce qui est blessé, défiguré…

Retour à Homélie