Dimanche 5 août 2018 


 18° ordinaire b : Jean 6,24-35 ; Exode 16,2-15.

                                   La première lecture et l’Evangile nous montrent des humains dans l’épreuve. Ils ont faim ! Dieu a libéré les Hébreux de l’esclavage en Egypte, et conduits par Moïse, ils se sont mis en marche vers la terre promise. Mais à l’instant, ils se retrouvent dans le Désert et la vie y est rude…

            L’histoire se répète ! Aujourd’hui, la « traversée du Désert » se continue pour tous ces migrants, qui fuient l’esclavage de la violence et de la pauvreté. Ils ont abandonné tout ce qu’ils avaient à des passeurs et se retrouvent avoir faim de pain et de paix sur l’Aquarius ou l’un de ses semblables. Et quand ils ne coulent pas en pleine mer, comme des balles de ping pong détournés de la France vers l’Espagne, de l’Italie vers la Grèce…  D’autres comme Osman (17 ans) ont pu arriver en France grâce à la générosité de leur village, qui a payé les passeurs. Son père est mort, sa mère a été tuée sous ses yeux… D’autres comme Habib, Tunisien arrivé en France il y a 17 ans, voit tous ses recours pour être régularisé tomber à l’eau, malgré plusieurs promesses d’embauche qui lui ont été faites par des employeurs. Aujourd’hui il n’est plus que l’ombre de lui-même et se meurt de désespoir…

            La Bible nous dit que chez les Hébreux le ton commence à monter. Ils récriminent contre Moïse. Et Dieu entend ces récriminations. Tout le livre de l’Exode est la réponse de Dieu à ces migrants ! Et Dieu va envoyer son Fils. Oui, n’oublions pas que Jésus a dans sa généalogie des hommes et des femmes qui ont traversé le Désert de la faim et de la guerre ! Mon but n’est pas de vous faire pleurer dans vos chaumières ! Tant mieux si cela éveille parmi vous des vocations pour nous rejoindre avec Asti ! Mon but était de souligner que dès l’Ancien Testament, Dieu est du côté des pauvres…

                                   Cet évangile nous interpelle aussi et surtout sur notre vie personnelle. Pourquoi es-tu là ce matin ? Qui ou que cherches-tu ? Quelle faim nous habite ? Ceux qui suivaient Jésus, ce jour-là, se trompaient sur sa proposition. « Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes ; mais parce que vous avez mangé et que vous avez été rassasiés », dit Jésus.

            Ce matin, on peut venir chercher un Christ alimentaire, dont nous espérerions des bénéfices pour notre vie courante ! C’est vrai qu’apaiser nos besoins élémentaires accapare la majeure partie de notre temps. Mais même si nos besoins sont vitaux, il y a un risque de nous y laisser enfermer. La vie courante, c’est super important ; mais Jésus nous révèle que notre vie a une dimension d’éternité. Pour cela, il nous invite « à faire corps avec lui ». « Moi je suis le Pain de Vie », dit Jésus. Il se donne à nous pour que nous passions les épreuves de la vie et demeurions dans la force victorieuse de son Amour.

Saint Augustin disait : 

« Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».


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