Dimanche 2  septembre 2018 ; 22° ordinaire b : Marc 7 ;1-8,14-15,21-23.

                                   Pendant que Jésus s’affaire avec la foule, en guérissant les malades et en enseignant, les disciples se restaurent. Et ils sont pris en flagrant délit de ne pas s’être lavé les mains avant le repas…

          Nous aussi, nous avons des coutumes ! Dès le plus jeune âge, on apprend aux enfants, à se laver les mains avant de se mettre à table : ce qui se comprend pour des raisons hygiéniques ! Et notre messe a aussi ses rites ! Le prêtre ce lave les mains, après l’offertoire. Ce qui se comprenait il y a quelques années, quand les fidèles apportaient à l’autel les fruits de la terre et de leur travail : du vin, un morceau de viande fraîche, des légumes tout juste sortis de la terre… mais depuis que l’offertoire nature a été remplacé par la quête, le prêtre ne touchant plus les offrandes, le rite du « lavabo » avait perdu sa raison d’être… Et pourtant on a gardé ce rite dans la messe. Mais il s’est amenuisé jusqu’à devenir quelques gouttes d’eau mouillant les deux doigts du prêtre qui allait saisir la blanche hostie… et le prêtre accomplissant ce rite dit : « lave moi de mes fautes, purifie-moi de mes péchés. »

          Pourquoi a-t-on gardé ce rite qui n’est pas obligatoire ? Comme vous l’avez remarqué, car rien ne vous échappe : notre rituel de la messe est ponctué de cinq supplications : seigneur prend pitié ; purifie mon cœur et mes lèvres pour que je proclame dignement en cet évangile, disent le prêtre ou le diacre ; agneau de Dieu prend pitié de nous ; et encore : seigneur je ne suis pas digne de recevoir mais dis seulement une parole je serai guéri… à tout cela s’ajoute le rite du « lavabo » …

          Cinq rites pénitentiels, pour ne pas tomber sous le coup de la condamnation de Jésus : « ce peuple m’honore des lèvres ; mais son cœur est loin de moi ».

                              Mais en quoi consiste la pureté ? Au sens biblique, c’est l’aptitude à se laisser approcher par Dieu et ensuite à s’approcher de Dieu. Et puisque Dieu est amour et miséricorde, la pureté s’acquiert quand on adopte une disposition du cœur : celle de l’amour et de la miséricorde. Avec Jésus le christianisme est la religion du cœur.

          Jésus nous invite à un examen de conscience. Le travail du dimanche et l’ouverture des commerces empêche-t-il de consacrer ce jour à Dieu ? Un prêtre ou une religieuse sans signes distinctifs en sont-ils moins consacrés ? Il y a même des chrétiens qui reprochent à notre pape François, avec sa simplicité, de désacraliser la fonction pontificale… Hypocrite, nous dit Jésus. Si nous réduisons la vie du croyant à ces pratiques extérieures de rite de gestes et de paroles… L’essentiel se joue dans la disposition du cœur.

          C’est ce que Jésus nous a appris à demander avec le Notre Père : Pere, pardonne-nous, toi qui n’est qu’amour et miséricorde, puisque, bien que pêcheurs, il nous arrive de pardonner à nos frères…

          Nous sommes ce lien d’amour avec Dieu.