Le petit prince demande à l’aviateur : « Dessine-moi un mouton » ! Et dans ce passage d’Evangile, la communauté chrétienne demande à l’évangéliste saint Jean : Dessine-moi un Berger ! C’est plus difficile car si tu dessines un berger, tu dois en même temps dessiner beaucoup de moutons, sans lesquels le berger n’aurait pas de raison d’exister. Alors saint Jean va s’exécuter. Il rassemble les paroles du maître Jésus remisées dans sa mémoire et nous dessine le portrait du Berger et de ses brebis… Jésus avait utilisé cette image du Berger pour expliquer aux Juifs sa propre identité, sa relation avec l’humanité : « Je suis le vrai Berger, qui donne sa vie pour ses brebis… »

                                   Comme nous le proclamerons tout à l’heure, nous croyons en Dieu. Mais avec le temps qui passe, nous pensons que ce Dieu nous est devenu lointain… Il y a une différence entre la croyance et la Foi !

            « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père », disait Jésus. Jésus fait une relation entre la connaissance qu’il a de chacun de nous et la connaissance qu’il a de son Père. Comme Jésus est ce que le Père a de plus précieux, ce que confirmera une autre parabole : celle des vignerons homicides, pour Jésus chaque être humain est un trésor. Et ce don précieux du Père qu’est Jésus, est offert à l’humanité pour que à chacun de nous soit donnée la vraie Vie. « Je donne ma vie pour mes brebis », dit Jésus. Voilà ce que nous célébrons à chaque Eucharistie… Par l’homme Jésus, Dieu a le pouvoir d’entrer dans nos vies et d’entrer dans la mort pour en faire jaillir la Vie. En Lui, il nous rend fils et filles de Dieu. C’est en cela qu’il est Berger ! En Lui, tous les humains de notre terre peuvent devenir de plus en plus frères, car Jésus dit encore : « J’ai d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie. Celles-là aussi, il faut que je les conduise »…

                                   Ce passage d’Evangile nous dit aussi quelque chose de l’Eglise. L’Eglise est à la fois brebis et bergère ! Il y a un seul berger, c’est le Christ ; mais nous avons tous un rôle de berger auxiliaire ! Le berger auxiliaire nous  mène à Jésus le bon Berger. Le bon Berger, nous le rencontrons en méditant la Parole de Dieu, en vivant les Sacrements : particulièrement le Pardon et l’Eucharistie ; mais aussi dans les frères : particulièrement celles et ceux qui sont le moins accueillis, les moins aimés, celles et ceux qui ne sont pas comme nous… « Où que tu passes (Seigneur), il me faut passer », disait sainte Thérèse. Et entre le Berger et les bergers auxiliaires que nous sommes chacun, il y a les ministres ordonnés que sont les Diacres, les Prêtres et les Evêques. Ils ont un rôle de médiation, d’orientation et de stimulation. C’est dans la continuité de l’incarnation du Christ, pour que tous, en tous lieux et en tous temps, puissent recevoir la Vie en abondance… Le Concile Vatican 2 disait : « Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne toute entière, qui s’en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne ».

            Que notre prière, aujourd’hui, se fasse action de grâce pour la générosité de Dieu, quand il appelle des hommes et des femmes à tout donner pour le service de l’Evangile et de l’Eglise…

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